Calculivo

Le prélèvement à la source expliqué — taux, simulation et choix

Comment fonctionne le PAS, comment lire votre taux personnel, comment l'optimiser sans erreur — et quand un changement vraiment vous fait gagner.

Par Rédaction Calculivo Mis à jour 5 min de lecture

Depuis 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé chaque mois directement sur votre salaire en France. C'est le prélèvement à la source, ou PAS. Cela n'a PAS changé combien d'impôt vous payez sur l'année — seulement comment et quand. Ce guide explique d'où vient votre taux personnel, comment le modifier, les pièges du taux neutre et du taux individualisé en couple, et comment lire l'effet sur votre fiche de paie.

Ce que le PAS a changé — et ce qu'il n'a pas changé

Avant 2019, vous receviez votre salaire intégral (après cotisations sociales) et payiez l'impôt sur le revenu un an plus tard, via tiers provisionnels ou mensualisation volontaire. Depuis janvier 2019, l'impôt est retenu directement sur le salaire chaque mois — exactement comme les cotisations sociales.

Ce qui a changé : la trésorerie. Vous ne payez plus de gros tiers en cours d'année. Votre salaire net affiché en bas de fiche de paie est désormais le vrai net dans votre poche.

Ce qui n'a PAS changé : le montant total annuel de l'impôt. Le barème, le quotient familial, les abattements, les niches fiscales — tout cela continue d'être appliqué identiquement. Le PAS n'est qu'un mode de collecte, pas un nouveau calcul.

Vous continuez de déclarer vos revenus chaque printemps (avril–juin). La déclaration confirme ce qui a été prélevé sur l'année. Si l'employeur a prélevé trop : remboursement à l'été. Trop peu (revenus complémentaires, primes non anticipées) : solde à payer.

D'où vient votre taux de PAS

Votre taux personnel est calculé par la DGFiP à partir de votre dernière déclaration. Formule : impôt total annuel ÷ revenus imposables annuels. Si vous avez payé 3 600 € d'impôt sur 36 000 € de revenu, votre taux est 10 %.

Ce taux est transmis à votre employeur chaque mois via la DSN (déclaration sociale nominative). Votre employeur l'applique à votre salaire imposable du mois et reverse la retenue au Trésor public.

Le taux est mis à jour automatiquement chaque septembre, après que la DGFiP a traité votre déclaration de printemps. Entre septembre et août suivant, vous gardez le même taux — sauf si vous le modifiez manuellement.

Vous pouvez consulter et modifier votre taux à tout moment depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr → « Gérer mon prélèvement à la source ».

Taux personnalisé, neutre, ou individualisé : trois choix possibles

Taux personnalisé (par défaut) : le taux calculé sur votre dernière déclaration s'applique à tout votre salaire. Simple, transparent, mais votre employeur connaît votre taux (et peut en déduire votre niveau de revenu).

Taux neutre (ou « non personnalisé ») : un taux standard basé uniquement sur le salaire perçu, sans tenir compte de vos autres revenus, parts ou déductions. Utile si vous voulez cacher votre situation fiscale à l'employeur. Inconvénient : si votre vrai taux est plus haut que le neutre (cas fréquent à partir de revenus moyens), vous devrez payer un complément directement à la DGFiP en plus du PAS.

Taux individualisé (couples) : par défaut, un couple a un seul taux commun. Vous pouvez demander deux taux personnalisés différents proportionnels à vos revenus respectifs. Utile quand les revenus du couple sont très inégaux : la personne avec le revenu plus faible voit un taux plus bas appliqué à son salaire, ce qui équilibre mieux les liquidités du foyer. ATTENTION : l'impôt total annuel ne change pas, seule la répartition mensuelle évolue.

Bon réflexe : tester les deux options dans votre espace impots.gouv.fr avant de décider. Le service propose un simulateur qui affiche le taux résultant dans chaque scénario.

Quand modifier votre taux

Changement de situation familiale : mariage, PACS, naissance, divorce. Votre nombre de parts change, votre taux idéalement aussi. La modification se fait depuis impots.gouv.fr → « Signaler un changement ».

Baisse de revenus : si vos revenus baissent de plus de 10 % à long terme (perte d'emploi, passage temps partiel), demandez la baisse du taux. La DGFiP recalcule. Pas de pénalité même si vous vous trompez en estimant à la baisse.

Hausse de revenus : promotion, primes exceptionnelles, début d'activité freelance. Modifier le taux à la hausse évite une grosse note à payer en septembre suivant.

Acquisition d'un bien locatif : si vous commencez à percevoir des loyers, vous devrez verser des acomptes mensuels en plus du PAS sur salaire (acomptes contemporains). Anticipez.

Comment lire votre fiche de paie

Sur la fiche de paie, le PAS apparaît dans une ligne distincte vers le bas, juste avant le net à payer : « Impôt sur le revenu prélevé à la source » avec le montant en €. À côté ou en haut figure le « Taux PAS appliqué » en %.

Le calcul affiché est : net imposable × taux PAS = montant prélevé. Le net imposable, c'est le salaire après cotisations sociales (mais avant impôt) — pas tout à fait le brut, pas tout à fait le net.

Si vous changez votre taux dans votre espace impots.gouv.fr, l'employeur l'applique au plus tard 2 mois après la modification (le délai de transmission DGFiP → employeur via la DSN).

En cas d'erreur sur la fiche de paie (taux non mis à jour), réclamez à l'employeur, pas à la DGFiP. C'est l'employeur qui applique le taux ; la DGFiP fournit juste la donnée.

Pièges à connaître

L'année blanche n'a pas effacé l'impôt : la mise en place du PAS en 2019 a aussi créé le CIMR (crédit d'impôt modernisation du recouvrement) qui a effacé l'impôt sur les revenus de 2018 — mais seulement sur les revenus « non exceptionnels ». Les primes, revenus exceptionnels, ont restés imposables. Beaucoup de contribuables ont reçu un solde à payer en 2020 qu'ils n'avaient pas anticipé.

Les primes exceptionnelles sont quand même imposées : si vous touchez une grosse prime un mois, votre taux normal s'applique. Pas d'effet « le mois où je touche une prime je suis taxé à 41 % » comme avec l'ancien système — le taux annuel s'applique uniformément.

Le taux neutre cache mal les revenus : si vos revenus sont assez élevés pour que le neutre ne couvre pas l'impôt, vous devrez un complément. Et le complément, lui, est prélevé via votre compte personnel — donc l'employeur n'en sait rien, mais vous payez quand même.

Le taux individualisé n'égalise pas vraiment : il proportionnel aux revenus, donc la personne qui gagne plus garde une retenue plus élevée — juste pas autant que sans individualisation. C'est de l'équilibrage modéré, pas de l'égalisation.

Pour aller plus loin

Simuler votre net après PAS : utilisez notre calculatrice de salaire net France — elle applique automatiquement le barème IR 2025 et vous montre le net mensuel avant et après impôt, ce qui correspond à votre PAS mensuel.

Pour les questions précises sur votre taux (cas particulier : enfants en garde alternée, expatriation, début d'activité indépendante en cours d'année), passez par l'espace impots.gouv.fr et utilisez la messagerie sécurisée — la réponse est officielle et opposable.

Le PAS ne vous dispense PAS de la déclaration annuelle de revenus. Elle reste obligatoire chaque printemps et c'est elle qui régularise tout : trop-perçu remboursé en juillet–août, complément à payer en septembre.

Calculatrices liées